par Paul Solomiac, article paru dans Christ Seul, n°994 de décembre 2009
Depuis les indépendances dans les années 60, l'émigration en Europe a pris des proportions extraordinaires. Des terres d'accueil comme la France ou l'Angleterre avaient autrefois colonisé les pays d'où viennent les émigrés depuis 50 ans. En France, les liens historiques avec les pays du Maghreb ont toujours donné au débat sur l'émigration une coloration religieuse négative. Mais l'émigration en provenance de pays d'Afrique noire est en train de changer la donne. Parmi ces immigrés, un bon nombre sont des chrétiens et depuis quelques années on entend parler d'églises ethniques dans notre pays.
Le phénomène n'est pourtant pas nouveau. En Angleterre l'immigration massive depuis ces pays remonte aux années 60. Le Royaume Uni compterait aujourd'hui jusqu'à 3000 églises ethniques africaines. Dans les années 80, les églises ethniques se sont multipliées un peu partout en Europe. La plus grande église de toute l'Europe se trouve à Kiev en Ukraine, l'Ambassade du Royaume béni de Dieu pour toutes les Nations, église fondée par Sunday Adelaja, un pasteur Nigérian. Commencée comme groupe d'étude biblique dans l'appartement du pasteur, en 2002, cette église comptait 20.000 membres.
Les chrétiens du Sud ont non seulement le potentiel d'établir des églises ethniques en Europe mais ils peuvent aussi constituer une force puissante de réveil parmi des églises locales.
Jehu Hanciles, théologien originaire de Sierra Leone, voit plusieurs effets missiologiques à la diaspora chrétienne des pays du Sud en Europe :
Pour Jehu Hanciles, le mouvement migratoire de chrétiens du sud combiné à la multiplication des églises ethniques constitue une force importante à un nouveau mouvement missionnaire. C'est un nouveau chapitre de l'histoire de l'Église qui est en train de s'écrire : nos vieilles églises sont invitées à y participer activement.
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